Le wizz 1981

dériveur de 4,40m

En 1980, la revue nautique Voiles et Voiliers, le chantier Bénéteau et le Groupe Finot veulent relancer le plaisir de la voile légère.
Jean Marie Finot et son équipe repensent un nouveau style de bateau ramené à sa plus simple expression comme la planche à voile vient de montrer l’exemple :

- un flotteur qui ressemble à un os de seiche, étanche, insubmersible avec seulement quelques sangles pour les pieds
- une dérive
- un gouvernail
- un mât avec un étai, deux haubans sans barre de flèche, un foc
- une grand voile tenue par wichbone (c’était l’idée de Daniel Nottet pour être dans l’esprit de la planche à voile)

Le bateau est constitué d’un bloc de polyurétane entourée d’une peau en stratifié couverte par du gelcoat.

Une première tentative avait d’ailleurs été conçue dans ce sens par Frank Guigan

description

A partir de ces données le Groupe Finot réfléchit sur un bateau qui peut marcher et planer gîté (à 10° par exemple). La carène est conçue pour planer à plat ou légèrement gîtée.

Ainsi, en faisant simplement du rappel, on arrive à avoir la même puissance que celle obtenue sur un dériveur classique en se mettant au trapèze : plus on borde, plus le bateau va vite en gîtant légèrement.

Comme la carène se décale, il faut orienter la dérive.
Un système permet donc à la dérive de s’orienter automatiquement :

- lorsque le bateau est à plat, la dérive est légèrement relevée, elle reste dans l’axe.
- lorsque le bateau est gîté, on la met verticale et la dérive s’oriente de 7 °.

La carène du Wizz, avec sa puissance, préfigure les bateaux qui ont été faits ensuite pour les 60 ‘ du Vendée Globe, les petits Open : Open 7.50, 6.50, 5,70, 5.00

Combien de Wizz ont été vendus ?

En 1981, 700 bateaux environ ont été fabriqués et cela n’a pas suffi à la demande.
En 1982, 1700 bateaux ont été fabriqués et ont correspondu au besoin du marché.
En 1983, à nouveau 700 bateaux mais le grand choc pétrolier a bloqué le développement économique et arrêté le développement.
Depuis, la vie du bateau suit son cours et un certain nombre d’acharnés continuent à naviguer (dont nous-mêmes).

L’usage du Wizz est extraordinaire : par sa simplicité, par sa stabilité.
Certaines personnes trouvent le gréement surprenant .
En fait, la
mise en place du gréement n’est pas plus difficile que de mettre des drisses :

On enfile le mât dans le gousset de la voile, on branche les haubans et l’étai et on dresse le tout.
On accroche ensuite le wichbone sur la voile et sur le mât et … on part s’amuser .

Le bateau a été dessiné en 1980 et a navigué les premiers jours de janvier 1981.

Voiles st Voliers n°120, fevrier 1981
Il gelait , pieds nus, nous avions les pieds comme des écrevisses, mais quel plaisir !       



Les défauts du bateau

  1. la coque est plus lourde que ce qui a été prévu. En plus, avec l’âge, elle se gorge un peu d’eau, cela donne de la stabilité au bateau mais c’est plus compliqué pour le transporter.
  2. la dérive, en polyurétane avec un morceau d'acier à l’intérieur, se gonfle d’eau avec le temps, l'acier se corrode, elle finit par casser
  3. le système de gouvernail est très simple mais rend le bateu peu  sensible à la barre et a tendance à sortir de son logement
  4. le mât est un peu lourd

    il a manqué, aussi, un certain nombre d’accessoires
    - pour la mise à l’eau
    - pour le transporter (barres adaptées pour le monter sur le toit de la voiture)

Le wizz n’est pas mort.
Il préfigure les nouveaux bateaux simples que l’on commence à voir apparaître pour reconquérir la mer et s’amuser sur l’eau et que l'on va bientôt voir s'épanouir comme dans les années 60 ...