LA
CONSTRUCTION
les contre-moules
structurels (1970)
Contexte
Avant lutilisation du plastique dans la plaisance, les
bateaux en bois et en métal étaient faits avec une peau et une
structure cohérentes.
Lorsque sont arrivés les bateaux en stratifié. Tout semblait
facile. Les gens ont négligés de faire une structure solide, et
ont simplement collés les cloisons et aménagements en bois dans
le fond du bateau. Ce qui fait que suivant les efforts de la mer
et du gréement, la peau du bateau se déformait facilement. Doù
une image de fragilité associée au bateau à cette époque.
Quelques bateaux de course avaient une peau de structure fine
et une nervuration traditionnelle indépendante des aménagements.
Dans ce cas-là les bateaux étaient rigides.
Histoire du contremoule structurel
Van der Stadt a utilisé en premier le stratifié et des contremoules
daménagements.
Michel Dufour avec le sylphe et les arpèges a développé des contremoules
qui permettent dobtenir des intérieurs propres.
Avec lécume de mer en 1970 (construit par le chantier Mallard)
et la gamme des bateaux suivants, nous avons généralisé le système
pour rendre le contremoule structurel. Celui-ci permet davoir
un intérieur propre et également de créer des nervures porteuses.

Photo du
contre-moule structurel de l'Océanis 411
Actuellement
Actuellement, comme depuis 30 ans, ce contremoule est fabriqué
indépendamment et collé dans la coque.
Une partie de la matière du contremoule na pas de rôle
structurel et na quun rôle dhabillage.
Actuellement, nous faisons des recherches pour faire progresser
les moyens de mise en uvre de manière à ce que le contremoule
fasse partie de la coque et économise ainsi le poids de la matière.
Au niveau international, les concepteurs des bateaux obtiennent
une structure cohérente par un stratifié direct, ou par un contremoule
qui vient en conjonction des aménagements, soit par une peau très
épaisse.
Cette dernière voie a été exploitée par les américains. Cette
peau très épaisse est faite en sandwich de mousse ou de Balza.
Autostructurée , elle porte dune cloison à lautre.
La mise en uvre de ce sandwich global est délicate. La
dégradation après un choc est difficile à contrôler.
Les procédés par infusion qui permettent de faire la peau et
le sandwich en une fois donne une bonne cohérence au matériau.
les
cale-pieds en aluminium
les
pièces de fonderie détrave et de tableaux
Lassemblage du pont avec la coque était délicat sur les
premiers bateaux de plastique. Cet jonction était entièrement
en plastique ou avec des pièces de bois formant le cale-pieds.
En Europe nous avons développé pour le Rêve de
mer un système de cale-pieds en Aluminium qui permet cette
jonction.

Ecume de mer 75
Rêve de mer
En complément, nous avons développé un jeu de pièces détrave
formant cadène, chaumards, daviers, et un jeu de pièces de tableau
pour reprendre lécoute de spi. Ces pièces très
Design et très intégrées terminaient le cale-pieds. Une initiative
similaire a été développée dans le même temps aux Etats Unis.
Depuis, une grande majorité des bateaux ont repris ce système.
les
bateaux en préimprégné (1994)
Dans le développement des 60Open, il a été nécessaire daugmenter
la solidité et de diminuer le poids des structures.
Avec le chantier JMV, nous avons choisi de fabriquer des bateaux
de grande taille en préimpregné. Cette technologie High Tech est
issue de laérospatiale. Ce transfert fût possible grâce
à une progression dans la connaissance des procédés de mise en
uvre, et une baisse du prix des matériaux.

Construction de Sodebo
Au début, cette technologie a été appliquée uniquement sur la
peau et le sandwich du haut de la coque, et peu à peu nous avons
construit de cette façon les nervures longitudinales et les couples
transversaux.
Le préimprégné est actuellement cuit dans des étuves sous vide
à 120°C, à la pression atmosphérique (1 Bar) simplement. Pour
des pièces plus petites telles que les cloisons, le lest , nous
utilisons également des autoclaves, aux pressions 3 ou 6 Bars.
Nous espérons, dans le cas de bateaux de série, pouvoir utiliser
les autoclaves pour la construction des coques elles-mêmes.
Ce procédé permet de diminuer la porosité du stratifié, daugmenter
la résistance en flexion, en compression et la résistance au cisaillement.
Beaucoup dessais, de calculs de structure nous ont permis
de progresser sur la conception densemble du bateaux.
La diminution du poids, laugmentation de la résistance,
par lutilisation du carbon et du prepreg permet :
- de descendre le centre de gravité
- dalléger le bateau
et conduit à concevoir des styles de bateaux plus rapides et
différents de ceux que lon connaît jusquici.
Notre travail dans les années 2000 est de transférer ces technologies
initiés sur des bateaux de course vers des bateaux de série, en
petite série pour commencer.
Il nécessite un changement des habitudes de construction, une
meilleure rigueur dans les calculs et dans lorganisation
du travail de construction. Ces deux points sont les plus difficiles
à faire évoluer à cause de linertie des systèmes en place.
lest
composite (1990)
Pour descendre le centre de gravité des bateaux, les lests
metalliques ont été agréementés d'un
bulbe. Nous avons fait des lests dont le voile porteur est en
stratifié soit creux, soit plein, avec un bulbe dans la
partie basse.
Cette technique a été utilisée sur le Groupe
Sceta de Christophe Auguin (1990) avec un voile en verre. Nous
l'avons perfectionné sur Bagages Supérior d'Alain
Gauthier, puis l'avons intégré sur la majorité
de nos 60'Open, les mini-transat, l'Open 7.50 , etc...
Cela permet par rapport à une quille normale bulbée
comme celle du Figaro, de descendre le centre de gravité
d'environ 1/4 du tirant d'eau; Et par rapport à un lest
trapezoïdale typique des années 1970 de le descendre
de moitié.
C'est un élément très favorable pour la
sécurité et la marche du bateau.
les mèches de gouvernail rectangulaires
(1985)
Habituellement, de manière à faciliter la rotation
du safran autour de l'axe, les mèches de gouvernails sont
cylindriques, avec une base circulaire.
Sur des bateaux très rapides comme l'objectif 100, la
resistance doit être importante pour une épaisseur
de gouvernail relativement faible.
Nous avons donc été amenés à faire
une mèche rectangulaire, avec des palliers beaucoup plus
gros pour lui permettre de tourner. Dans ce cas-là, il
est préférable que le pallier soit sur rouleau ou
à bille et qu'il puisse accepter les oscillations.
Nous avons fait les 1er gouvernails en 1985 sur l'Objectif 100.
Tous nos 60'Open sont équipés de cette façon.
Le mât Carbon (1985)
Au début des années 1970, nous avons vu apparaître le Carbon
sur le marché aéronautique.
Le gain de module, de poids, nous a convaincu pour son intérêt
à faire des mâts. Pendant de nombreuses années, nous en avons
été le promoteur. Malheureusement nous avons eu beaucoup de mal
à les faire fabriquer. Aujourd'hui, nous sommes contents car un
certains nombre de fabricants proposent des mâts en carbon.
Les premiers mâts en carbon avaient des ferrures métalliques
fixées sur le stratifié, par des boulons et rivets). Cela ne nous
a pas satisfait car c'est une disposition non optimale pour le
stratifié. (En effet le stratifié est fragilisé par la présence
de trous et de boulons).
Lorsque nous avons réalisé Objectif 100, avec du carbon T800
qui venait d'apparaître, nous avons dessiné et fait réaliser pour
le gréement des systèmes de cadènes et d'assemblage, tout en carbon
bobiné. La structure générale ressemble à celle des os, qui sont
construits dans leur parties principales avec des fibres longitudinales
et dans leurs extrémités avec des parties spongieuses.
Actuellement les mâts les plus techniques reprennent tout ce
système d'assemblage. Cela coûte cher. Une première solution moins
coûteuse est d'avoir des pièces d'assemblage en Compound (collé
sur le mât) en gardant une disposition classique.(haubans, barres
de flèche…). Nous avons commencé en 1990 des recherches dans ce
sens-là.
La deuxième solution est de simplifier le nombre d'assemblage,
le nombre de barre de flèche en utilisant le haut module et la
grande résistance du carbon. L'aboutissement de cette logique
est le gréement C.Wing, constitué uniquement de 2 haubans et un
étais, sans barres de flèches.
les cadènes en stratifié
sur la coque et le mât (1985)
Lorsque nous avons fait les 1er mâts en carbone, notamment
pour l'objectif 100, nous avons conçu des cadènes
tissés en carbone directement sur le mât. Ceci pour
pour des raisons d'homogéneité et parce que la carbone
accepte très mal les trous de fixation par rivet.
Nous avons étendu cette technique sur les mâts en
carbone de compétition et l'avons prescrit à chaque
nouvelle construction de 60' Open.
Sur les coques, il est logique de faire également des
cadènes en stratifié directement sur la coque ou
la structure, le métal étant limité aux emplacements
de pièces d'usure.
Nous le faisons essentiellement sur les cadènes de haubans,
de pataras, et d'étai intermédiaire. Nous ne le
souhaitons pas sur la cadène d'étai car elle est
sujet à des chocs et à la torsion par le foc enrouleur.
lest
pivotant sur trois palliers (1973)
Quand nous avons fait les mini tonners Mini ton, Otarie et First
22, nous avons dessiné des quilles relevables. Pour qu'elle
ne ballotte pas, elle sont tenue par un axe et un verrin en longitudinal
mécanique ou hydraulique et lattéralement par trois
palliers de chaque côté.
Les bateaux équipés de ce système sont:
- Mini-ton/ Otarie
- les Firsts 18, 22, 24, 25, 28, 260, 265
- les First Class
- Rêve des tropiques
- Héliotrope
- Copains d'abord
- Brise 39.
Il est prévu que le verrin soit suffisamment rigide pour
maintenir le lest en cas de chavirage intempestif.
Le système est muni d'une sécurité ("un
axe cassable"), qui se déclenche en cas d'un échouement
ou talonnage accidentel et protège ainsi le dispositif
du choc brutal. Il convient alors de le remettre en place après.
Ce système de quille relevable protège la
coque lors de l'échouage,
limite le tirant d'eau dans les baies,
et améliore la stabilité au large car il donne un
grand tirant d'eau en eau profonde.
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