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CONTROLE - VITESSE
- Ballasts d'eau
Avoir un ballast mobile est une idée ancienne sur les voiliers,
car cela crée de la stabilité supplémentaire et baisse la gîte
du bateau, et ainsi améliore considérablement le confort et la
vitesse.
Cela a été repris périodiquement, notamment sur le Pen Duick V
de Tabarly et les bateaux Open.
Nous sommes de farouches partisans de cette invention. Le gain
de vitesse du bateau est de l'ordre de 7 à 10% moyennant un supplément
de prix du bateau de 2 à 4%. Il faut cependant prendre plusieurs
précautions :
1. Cela ne doit pas affecter la stabilité du bateau, c'est
à dire qu'il faut que le centre de gravité du bateau soit suffisamment
bas. Les ballasts doivent donc être dans le bas.
2. Pour les bateaux de croisière, leur présence ne doit pas
affecter le volume visuel et les places de rangement. La place
idéale est sur les côtés, derrière les hiloires courbes, un
espace peu utilisable et humide.
3. Le système de remplissage et de transvasement doit être
simple et naturel.
4. La quantité d'eau des ballasts doit faire gîter le bateau
raisonnablement lors du moment précédent le virement de bord
et après le transvasement. En effet si le voilier gîte avec
les ballasts au vent de 7° à 10°, après le transvasement, il
ne doit pas dépasser 30°. C'est acceptable psychologiquement
et permet la sécurité et le contrôle du bateau.
C'est une utilisation très simple et très naturelle et
qui rend la navigation nettement plus agréable, plus souple d'emploi
et plus rapide. La puissance du voilier est créée par le
décalage entre le centre de gravité et le centre de carène. -
le déplacement du centre de carène est obtenu en gîtant - le déplacement
du centre de gravité est obtenu en déplaçant l'équipage ou en
déplaçant du poids au vent.
- Lest inclinable latéralement
Récemment, les lests inclinables sont à la mode.
Cela présente l'intérêt de donner de la stabilité
au bateau sans gîtage.
En effet, sur un bateau traditionnel, pour porter la toile, il
faut créer du couple et déplacer le centre de gravité.
On l'obtient de différentes manières: par déplacement
au vent de l'équipage, du ballast, ou du bulbe au bout
d'un voile de quille basculante.
Le deuxième intérêt est de rendre la bateau
instable dans la position retournée, dans les conditions
extrêmes. On obtient également le même résultat
à l'aide de ballast mobile.
Avantage: on ne change pas le déplacement du bateau
Inconvénient: cela peut être gênant
aux allures portantes, car le centre de gravité longitudinal
reste à la même place.
La construction et le contrôle de la quille doivent
être extrêmement solides et fiables car il
y a beaucoup de pièces mécaniques et de rotation
sur le système. Cela demande un entretien régulier.
Cette solution a été retenue par Harken aux EU
dans les années 80, et par Pascal Conq en 85 sur son micro-cupper.
Récemment cela est à la mode sur les bateaux Open.
Pour la croisière, l'inconvénient est l'encombrement
du système de contrôle. D'autre part, cette invention
n'est efficace qu'à partir d'un certain tirant d'eau.
Pour la sécurité, au grand largue son utilisation
doit être restreinte :
Au très grands angles, la quille permet effectivement
de revenir très facilement. Par contre c'est également
un facteur d'insécurité car le bateau est plus volage:
Au grand largue si le bateau empanne accidentellement, l'energie
accumulée par la vitesse étant plus importante que
l'énergie de chavirage, la position de la quille verticale
fait un croche-pied et peut provoquer un tonneau.
Il faut donc, dans les conditions difficiles, plutôt remettre
la quille dans l'axe et être prudent.
Cette quille augmente les performances du voilier mais oblige
l'équipage à avoir conscience de ses limites.
On peut comparer l'atout de cette quille aux roues bracables
à grand angle dans certaines voitures, adaptées
au garage mais très dangereuses si utilisées à
grande vitesse.
- Déplacement adaptable
avec ballast
Avec l'introduction du ballast d'eau, on crée de la stabilité
lorsque c'est nécessaire :
- une stabilité latérale au près et bon plein,
- une stabilité longitudinale au largue serré.
Le deuxième intérêt est le changement du
déplacement du bateau:
- au près, les mouvements sont plus doux car le déplacement
plus lourd permet de mieux passer dans les vagues
- au portant, le bateau plus léger enfourne moins.
Les dessins de la carène tiennent compte de ces déplacements,
et des angles de gîtes. Ainsi, c'est comme si le bateau
était constitué de plusieurs carènes adaptées
à chacune des allures.
- Mât orientable
Avec la vitesse, il est nécessaire d'augmenter la finesse
de la voilure: la trianée devient extrêmement importante.
D'où un mât profilé, qui s'oriente.
Ainsi le mât est lui-même porteur et guide les filets
d'air sur la grande voile. Le gain de vitesse est de l'ordre de
2 à 4 % sur les bateaux rapides.
Sur les multicoques, cela a été utlisé depuis
longtemps, avec un pieds de hauban très large. Sur les
60 pieds, nous avions un problème de largeur de cadène.
Pour cette raison, nous avons rallongé de manière
important et abaissé les barres de flèches. Nous
avons présenté ce système à Yves Parlier,
qui fut très séduit et le choisit sur Aquitaine
Innovation.
Depuis le système a été repris sur Fila
par Giovanni Soldini, sur Group4 par Mike Golding, sur Somwhere
de Marc Thiercelin.
Les caractéristiques mécaniques du carbon ont augmenté,
le carbon à haut module permet d'obtenir des mâts
plus rigides, donc des panneaux plus longs, plus libres d'appui.
Ainsi nous avons éliminé les grandes barres de flèches
basses sur Sodebo et le bateau de Dominique Wavre. Nous
avons porté ce système sur des bateaux plus petits
l'Open 7,50, le Giro 34, South 35. Ce système est
appellé le gréement C.Wing.
- La bôme fixée
au niveau du pont
Traditionnellement , à l'époque des voiliers en
bois, bôme et tangon étaient fixés perpendiculairement
dans le bas du mât, dans la position que nous connaissons.
Les mâts en bois était pleins et suffisamment solides
pour porter ces deux extensions même en cas d'efforts importants.
Avec la mise au point et l'utilisation dans les voiliers contemporains
de matériaux plus légers, aluminium et composite
et l'utilisation de mâts creux, la structure est devenue
moins resistante aux efforts de torsion, notamment lorsque la
bôme ou le tangon s'engage dans l'eau.
Ainsi les efforts provoquent la rupture du mât plus fréquemment.
Par conséquence, lorsque la configuration le permet nous
préferrons que la bôme et le tangon soient attachés
au mât au niveau du pont, ce dernier étant renforcé
de manière adaptée à cet effort.
Deux inconvenients qui sont un frein à ce changement:
- La bôme est inclinée. L'aspect non horizontal
peut semblé moins joli, dérange les habitudes. Cependant
le cockpit reste aussi dégagé.
- On ne peut plus mettre le alba facilement. On doit se contenter
du largue du retenue de bôme.
Cette configuration a été mise en place sur tous
nos 60'Open.
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