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Texte écrit en Mars 99, après la course Around Alone 98-99, marqué par le
retournement de PRB
Depuis 10 ans notre premier 60 pieds Open date en effet de 1989 nous
appuyant sur les progrès des techniques de construction , nous avons progressivement
amélioré la solidité, la stabilité et la vitesse de ces bateaux.
Il y a 5 ans, lorsque nous avons conçu la génération de Geodis et de PRB, nous
navons pas su (comme beaucoup dautres confrères, coureurs, organisateurs)
anticiper ce type daccident dû aux mers désordonnées ou à des configurations
dutilisation de plus en plus intensives.
A la suite du Vendée Globe 96-97, beaucoup dacteurs se sont réunis
(architectes, coureurs, organisateurs, préparateurs) et ont décidé daugmenter la
stabilité et la redressabilité des bateaux. Cela a été fait sur tous les bateaux
nouveaux depuis 2 ans.
Pour les bateaux anciens, PRB en particulier, il a été décidé des mesures
immédiates à appliquer et dautres à appliquer aussi vite que possible
(augmentation de la stabilité, moyens de redressabilité).
A la lumière de tous les accidents précédents, solidité de coque (les plus nombreux
) et stabilité, il convient de bien analyser les problèmes pour essayer déviter
quils ne se reproduisent et de prendre les mesures nécessaires en commun ,
architecte, coureurs, organisateurs.
Il nest déjà pas facile de tirer les leçons des problèmes connus, il est
beaucoup plus difficile danticiper les problèmes et de prendre les mesures
correspondantes.
Actuellement, dailleurs, nous sommes encore plus inquiets quauparavant
pour les 60 car le niveau de la compétition augmente, lusage des bateaux
évolue énormément.
En tant quarchitectes, nous essayons de prendre conscience des limites des
bateaux et de communiquer ces limites pour que la course reste dans un certain cadre de
sécurité.
Ce cadre doit être décidé au cours dun débat serein qui débouche sur des
décisions consensuelles prises avec tous les acteurs.
| Quels
doivent être les objectif des 60 Open ?
Faire le tour du monde avec le minimum de
problèmes et pour le plus grand plaisir du coureur. Pour cela, il faut :
- que le coureur revienne en bonne santé
- que le bateau revienne en bon état
- que le bateau aille vite, droit, facilement
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1) La sécurité est le
problème n°1
Cette sécurité est fonction de facteurs dimportance différente
A) Lintégrité de
la coque
Qualités indispensables pour préserver le coureur
- lintégrité de la coque
- linsubmersibilité de la coque
- lintégrité du voile de lest
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On doit pouvoir vivre sur le bateau à lendroit à lenvers,
donc nécessité
- de cloisons étanches
- de pouvoir passer dun compartiment à lautre
- de pouvoir sortir du bateau quelle que soit sa position.
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| Quelle que
soit la vitesse du bateau et quels que soient les objets courants rencontrés, la
coque et le pont doivent pouvoir résister aux assauts de la mer et aux efforts dus à
cette vitesse qui est de plus en plus importante : le bateau doit garder son
intégrité pour que le coureur puisse le faire marcher sans arrière pensée. plan |
B) Lintégrité du lest
Le lest ne doit pas se décrocher...
On ne peut parler de marche du bateau et de stabilité si la solidité du lest et son
contrôle ne sont pas maîtrisés.
Le bulbe, le voile de quille, les systèmes de contrôle doivent pouvoir supporter les
accélérations de la mer ainsi que quelques échouages occasionnels peu violents.
Jusqu'à présent, la vitesse prise en compte pour le calcul de léchouement était
de 10 noeuds.
Les points essentiels pour maintenir lintégrité du lest : |
- laccrochage du bulbe
- la solidité du voile en flexion et en torsion
- laccrochage du lest à la coque
- la solidité des varangues
- la reprise des varangues sur la structure générale du bateau
- laxe de suspension de la quille
- les paliers de fixation de la quille sur la coque
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- la fixation des vérins sur la quille
- la solidité des vérins
- la tenue des vérins sur la coque
- la bonne géométrie des axes pour que la rotation se fasse sans problème
- la bonne fiabilité de lhydraulique
- une redondance dans le système hydraulique
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| tous ces points sont comme les maillons dune chaîne, si lun
deux faillit à son rôle, la quille na plus deffet. Elle peut non
seulement disparaître ou, pire, provoquer la perte totale du bateau. plan |
C) La stabilité du bateau
La stabilité absolue doit permettre la bonne marche du bateau voiles
hautes :
- le bateau ne se couche pas trop vite
- le mât, sil vient toucher leau, ne le fait pas trop vite et nest pas
cassé
- si le bateau est roulé, il revient à lendroit dans sa position naturelle.
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Ces différents objectifs sont obtenus grâce à :
- un centre de gravité suffisamment bas
- des ballasts deau
- linclinaison du lest
- le déplacement du matériel à lintérieur
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| Lorsque le bateau est couché par le vent ou par la force centrifuge
dans un mouvement de rotation quelconque, le bateau doit pouvoir se relever alors
quil est couché à plat sur leau et que le vent pousse sur la coque verticale
qui fait du fardage.
Il est donc nécessaire davoir, dans ce cas de figure, une stabilité suffisante
pour se relever. Cette stabilité est exprimée par un GZ à 90°, cest à dire la
distance entre le centre de carène et le centre de gravité.
Cette mesure doit être prise en condition de jauge mais également en condition de
navigation avec la configuration la plus défavorable (ballasts remplis, quille
inclinée).
b- La stabilité
suffisante pour résister aux vagues
Lorsque le bateau est bousculé par une vague, une certaine énergie doit être
dépensée pour le rouler complètement.
Pour les réglements, cette énergie minimum pour faire chavirer le bateau se traduit par
un angle de chavirage théorique. Actuellement, pour les cas de figure les plus courants,
un accord consensuel semble progressivement se faire sur 125° dangle de chavirage
théorique. Cela donne une sécurité correcte.
Si le bateau est roulé, il se trouve à lenvers. Pour le ramener à lendroit,
il faut le réincliner de 50° par rapport à cette position à lenvers.
A titre de comparaison, la stabilité dun vaurien en position normale à
lendroit est de 50°. |
| Cas de figure n°1 Si le bateau est mis à
lenvers par des vagues importantes et régulières et quelles continuent à
lêtre, lénergie nécessaire pour redresser le bateau est nettement plus
faible que celle qui a été nécessaire pour le retourner.
Le rapport de ces énergies est de 4 à 1 (valeur admise actuellement comme les
125°).
Ces chiffres sont toujours très discutés et il se peut quà lavenir, nous
soyons obligés de les relever. |
Cas de figure n°2 Si le bateau a été renversé
par une vague occasionnelle, il ne retrouvera pas forcément une vague occasionnelle
équivalente pour le ramener à lendroit.
Les vagues occasionnelles se produisent en général à la fin du mauvais temps, dans
les houles croisées.
Lexemple type est laccident de Thierry Dubois dans le Vendée Globe 96-97. Il
a été deux fois chaviré dans des trains de vagues dans le mauvais temps, il est revenu
à lendroit grâce aux vagues suivantes. Puis il a été chaviré par une dernière
vague et aucune autre vague occasionnelle suffisamment importante na pu le ramener
à lendroit. |
| Cas de figure n°3
Un autre cas de figure peut exister dans les configurations suivantes : |
- vagues modérées
- une vitesse importante
- les voiles hautes
- lest et ballast en mauvaise position
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avec la conjonction :
de linertie de rotation du bateau,
de la pente naturelle des vagues avant quelles ne déferlent (17°),
du mouvement de leau dans ces mêmes vagues, |
| le bateau peut passer à lenvers et ne pas pouvoir revenir sous
leffort de la mer. c- Redresser
le bateau à lenvers
Il est donc nécessaire de trouver un système fiable pour ramener le bateau à
lendroit dans tous les cas de figure.
Solutions :
c-1 envahissement de compartiments (ce système est très angoissant pour le skipper
déjà dans une situation difficile).
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| Lenvahissement volontaire des compartiments avant offre la
possibilité dun redressement. La quantité deau à faire rentrer (10 à 16 m3)
nest pas négligeable. Cette solution est délicate à envisager : le
comportement du bateau redressé est préoccupant (assiette, pilonnement très diminué,
résistance aux chocs des vagues diminuée) |
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Assiette 60 pieds. Compartiments envahis avant redressement |
| c-2) basculement du lest c-3) superstructures très importantes (avec
une largeur faible). |
| La superstructure très importante permanente est un
handicap pour la bonne marche du bateau par son fardage, la position du centre de
gravité, la complication pour les manoeuvres. |
La largeur plus faible donne un bateau plus gitard qui
se couche facilement, et la vie et les manoeuvres sont plus difficiles et plus
dangereuses. |
| c-4) gonflement dune superstructure temporaire (airbag) |
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la solution dun air-bag, notamment pour les bateaux à quille fixe,
permet de recréer temporairement une superstructure de volume important qui permet de
redresser le bateau lorsquil est à lenvers. Lair-bag pèse 60 à 100
kg. Il est constitué d'un ballon cylindrique de 2 m par 2 , replié dans un container au
centre de la plage arrière. |
| Ce ballon peut être gonflé par l'intérieur du bateau (différentes méthodes :
pompe à main, électrique, réserve d'air comprimé ou mélange d'air comprimé et de gaz
produit par pyrotechnie). Le sanglage du ballon est toujours à poste et se tend au
gonflage. Le système doit être réutilisable et pouvoir être replié par aspiration. Ce
système, à partir du moment où il est effectivement gonflé, assure le retournement du
bateau même en eau plate. |
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| plan D) La résistance à
lenfournement
La force du vent, la vitesse du bateau, la descente dans les vagues tendent à faire
enfourner le bateau.
Ceci peut avoir pour conséquence : de noyer le pont ou doccasionner
un retournement du bateau.
Les formes à lavant, en particulier les parties hautes de la coque, ont beaucoup
dimportance, le but étant de sortir au dessus des vagues.
Cette capacité du bateau à se soulever va souvent en contradiction avec la bonne vitesse
au près dans le clapot où il est plutôt nécessaire de traverser les vagues .
E)
Lintégrité du gréement
Le gréement doit pouvoir résister |
- à leffort des voiles compensé par la stabilité du bateau
- à sa propre inertie lorsque la mer secoue ou arrête le bateau (quand il tape dans les
vagues)
- aux fausses manoeuvres
- lorsque le bateau est couché sur leau et que le mât vient frapper leau
- aux efforts hydrodynamiques qui sappliquent sur lui lorsque le bateau est roulé
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- à la pression hydrostatique de leau qui, à 25 m de profondeur, est de 2,5 bars
aux vibrations
- à la fatigue
- au froid
- aux chocs occasionnels dans les ports
- à lamarrage occasionnel du voisin qui saccroche sur un ridoir.
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Le ou les gouvernails doivent résister :
- à la pression hydrostatique due à son incidence et à la vitesse
- à leffort de la mer qui déferle et qui pousse le gouvernail dans lautre
sens depuis larrière
- aux chocs des objets flottants.
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Les efforts dus à la mer sont normaux, les gouvernails doivent être
suffisamment échantillonnés. Résister aux objets flottants nest pas forcément
physiquement possible. |
| On peut préserver le gouvernail en lescamotant ou en ayant un
gouvernail de secours comme la bien démontré PRB dans la deuxième étape de
Around Alone.
plan
G) Bien contrôler le bateau
Ceci est obtenu grâce :
- à un bon équilibre de la carène à la gîte. Cela suppose une carène un peu
symétrique, donc nourrie de lavant, ce qui va dans le bon sens de la résistance à
lenfournement, mais avec ses handicaps dans le clapot.
- au gouvernail et au pilote automatique, qui doivent permettre au bateau
daller toujours bien droit ou mieux den garder toujours le contrôle, et
compensent le déséquilibre dû aux voiles.
En équipage, on peut agir simultanément sur les voiles et sur le gouvernail pour
maintenir léquilibre global du bateau. En solitaire, il est nécessaire que le
pilote automatique seul puisse maintenir cet équilibre global.
- à un bon réglage des voiles .
Les manuvres et lajustement des voiles doivent être faits avec le minimum de
fatigue et le maximum de sécurité pour adapter au mieux le type de voile et leur surface
à la force et à lallure du vent.
Ceci dépend de :
- la disposition du plan de voilure
- la répartition des voiles
- les systèmes denroulement
- la disposition du cockpit, des winches, des prises de ris
plan
H) Aller vite
pour être au bon endroit au bon moment
Avoir la capacité daller vite est un facteur de sécurité, pour
se placer au meilleur endroit par rapport aux dépressions, avoir le bon vent et peu de
vagues. Dans un train de vagues, cela permet de bien se placer par rapport aux vagues et
davoir un gouvernail le plus efficace possible lorsque lon est rejoint par les
vagues.
Plus le bateau va vite, moins il aura de chance dêtre rattrapé par les vagues,
moins il sera bousculé, moins il sera doublé par les dépressions, moins il les subira.
Par contre, cette vitesse doit être obtenue sans danger. Il ne faut pas aller plus
vite que loptimum de sécurité du bateau. Au-delà, le bateau fatigue,
léquipage fatigue, le bateau devient incontrôlable par sa vitesse, par les voiles
quil porte etc.
I) le confort du bateau |
| Avec la vitesse, le bateau devient de plus en plus inconfortable :
les chocs, les vibrations, le bruit, provoquent un stress de léquipage. |
Une division des volumes, une suspension des aménagements,
labsorption du bruit par des panneaux isolants, peuvent améliorer ce confort. |
| La gîte, les mouvements de roulis rythmique provoquent une fatigue
importante de léquipage. |
La largeur du bateau et sa stabilité de forme sont une bonne solution
pour diminuer ces mouvements. |
| Lintégrité de la coque,
lintégrité du lest, la stabilité du bateau, la résistance à
lenfournement, lintégrité du gouvernail, le bon contrôle du bateau, être
au bon endroit au bon moment grâce à sa capacité daller vite, le confort du
bateau, tous ces facteurs sont des éléments de sécurité. Ils ont une importance décroissante mais aucun ne peut être
complètement négligé. Il faut trouver le meilleur équilibre entre tous ces facteurs
contradictoires.
Le problème déquilibre du bateau et les choix à
faire ne sont pas simples même dans la recherche dun optimum de sécurité. |
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A ces problèmes de sécurité se rajoutent les problèmes defficacité sportive
du bateau qui doit boucler un tour du monde avec un équipage très limité le plus
rapidement possible.
Lintérêt du 60 open est le suivant :
- la longueur est déterminée
- le cadre de sécurité doit être déterminé
- toutes les autres solutions sont libres pour concevoir le bateau le plus efficace
possible
Ce cadre permet de faire avancer la technologie, de trouver des dispositions nouvelles,
des solutions techniques nouvelles pour la voilure, le mât..., des nouvelles
techniques de construction
Ces bateaux, simples demploi, préfigurent les bateaux que souhaiteront avoir les
plaisanciers de demain, indépendamment du confort.
plan |
Lamélioration de la conception de nos 60 résulte de
lexpérience de ces courses et de lamélioration des techniques de
construction. Augmenter la solidité et la stabilité a été une constante pour le Groupe
Finot.
Le gain dû au progrès technique a été réparti entre la solidité, la stabilité et la
vitesse. |
| 3 -
1 Premier Vendée Globe
Nous dessinons pour Alain Gautier, Générali Concorde , construit en aluminium.
Ses proportions (longueur, largeur 5,50-5,80 m, déplacement de 13 à 15 tonnes) sont
similaires à celles de Crédit Agricole et de Fleury Michon.
Par la suite, cette largeur naugmente pas.
Pour descendre le centre de gravité au maximum, nous mettons un bulbe, un pont
plat, et nous simplifions beaucoup laccastillage et le pont. Le bateau acquiert
ainsi un aspect caractéristique un peu " hard ".
Le pont plat permet de plus de manoeuvrer facilement. Par contre, il a le défaut
daugmenter la stabilité à lenvers si le bateau reste étanche.
Après laccident de Fleury Michon ( qui avait un GZ de 0 à
90°), Philippe Jeantot sentoure darchitectes.
Après enquête sur les bateaux existants, il constate que les bateaux ont, en moyenne, un
déplacement denviron 14 t et un GZ de 0.3 à 0.5m .
La décision est prise dinstaurer un GZ mini de 0.4m pour le 2eme Vendée Globe dans
les meilleures conditions de quille et de ballast.
Ce GZ de 0,4m correspond à un angle de chavirage, dans les meilleures conditions de 105
à 115° selon les proportions des différents bateaux de cette génération. |
| 3 -
2 Troisième Boc Challenge
Pour Christophe Auguin, nous dessinons Groupe Sceta, construit en stratifié sandwich,
avec un voile de lest en stratifié.
Les haubans sont portés sur le livet ce qui permet un mât plus léger.
Le centre de gravité peut ainsi encore descendre.
Par contre, nous constatons à lavant du bateau une faiblesse du sandwich dû aux
chocs de la mer.
3 -
3 Deuxième Vendée Globe
Pour Alain Gautier nous dessinons Bagages Superior.
La coque, en sandwich epoxy, plus solide et plus légère, et le voile de lest en carbone,
permettent de descendre le centre de gravité et de porter le GZ à 0,80 m.
De plus, le bateau est doté dun mât étanche.
Le départ du 2ème Vendée Globe est marqué par
beaucoup davaries de coque dues au mauvais temps dans le Golfe de Gascogne (coques
ouvertes, avant défoncé, défaillance de lattache de quille). |
| 3 -
4 Quatrième Boc Challenge
Pour Christophe Auguin nous dessinons Sceta Calberson-Géodis, construit en
préimprégné carbone-nomex.
La solidité du matériau permet daugmenter la solidité du bateau, dalléger
la coque et de descendre le centre de gravité avec un GZ de 0,80m prévu.
A ce stade, aucun de nos bateaux na jusqualors connu de problèmes graves.
3
- 5 Troisième Vendée Globe
Nous dessinons :
- Goupe LG
pour Gerry Roufs, sister-ship de Géodis, en préimprégné carbone-nomex.
- PRB
pour Isabelle Autissier également en carbone-nomex.
PRB reçoit une quille mobile avec un lest de 500 kg plus lourd que celui des bateaux
à quille fixe. De cette façon, le GZ à 90° prévu doit rester de 0,8m, même avec la
quille inclinée. En fait, le GZ après mesure sest avéré être de 0,71m.
Cela montre limportance de faire des mesures réelles, beaucoup de facteurs
non contrôlables pouvant faire dériver nos prévisions.
pour Yves Parlier avec un mât orientable très volumineux.
Son GZ, au départ, est de 1 m mais il diminue pour descendre à 0.70m à la suite de
changements dans le gréement.
|
Dans le 3ème Vendée Globe, beaucoup
déléments dramatiques ont lieu.
Trois bateaux chavirent sous leffet des vagues : Algimouss deRaphaël Dinelli,
Amnesty International de Thierry Dubois et, vraisemblablement, aussi sous l'effet des
vagues, lune de nos réalisations, Groupe LG de Gerry Roufs, disparaît.
Deux autres bateaux perdent leur lest et chavirent : ceux Tony Bullimore et de
Bertrand De Broc.Les architectes se réunissent de nombreuses fois, avec les
coureurs dans le cadre de lIMOCA, et avec les organisateurs ORC, FICO, FFV, Vendée
Globe.
Sur les différents principes, un certain consensus sétablit.
Nous organisons la conception des nouveaux bateaux suivant le cadre le plus restrictif
parmi ceux proposés.
Le Groupe Finot fait coucher des bateaux existants (Géodis, Aquitaine Innovations,
PRB) à 90° pour mesurer la stabilité réelle aux grands angles ce qui constitue une
première dans ce style de bateau.
Ces trois bateaux ont fait New-York San Francisco en équipage par la suite sans
rencontrer aucun problème. |
3 - 6 5ème
Around Alone
PRB
Langle de chavirage de PRB mesuré après le Vendée Globe est
de :
- au lof, voilure tempête quille dans l'axe : 116°
- à l'abattée, voilure tempête quille dans laxe : 116°
- au lof, voilure tempête quille au vent : 104°
- à l'abattée, voilure tempête quille au vent : 128°
- au lof toutes voiles hissées quille au vent : 100° (grand voile, génois, solent,
trinquette et genaker)
- à l'abattée, grand voile 1 ris, pas de genaker, quille au vent (cas du chavirement) :
122°
PRB a réalisé ce 3ème Vendée globe en rencontrant des conditions très
difficiles notamment celles du 7 janvier 1997 dans le Pacifique où les vagues données
par Météo France étaient à H/3 = 13 m soit un tiers des vagues étaient supérieures
à 13m, une sur 1000 supérieure à 26 m et le vent établi entre 70 et 80 noeuds.
Avant le départ de Around Alone plusieurs études de redressement ont été menées.
Lenvahissement volontaire des compartiments montrent est lune des
possibilités d'un redressement. La quantité d'eau à faire rentrer (10 à 16 m3)
n'étant pas négligeable, cette solution reste délicate à envisager et le comportement
du bateau une fois redressé reste préoccupant (assiette, bouchonnage très diminué),
augmentant les problèmes de résistance aux chocs des vagues.
La solution de l'air bag (lien vers la
page retournement de PRB) a donc été retenue, n'amenant pas de risque supplémentaire. |
Cette solution, légère ou lourde suivant que l'on se place du côté de
la compétition ou celui de la sécurité (60 à 100 kg), consiste en l'installation d'un
ballon cylindrique de 2 m par 2 m replié dans un container au centre de la plage
arrière du pont derrière le cockpit.
- Ce ballon peut être gonflé de l'intérieur du bateau (différentes méthodes : pompe
à main, électrique, réserve d'air comprimé ou mélange d'air comprimé et de gaz
produit par pyrotechnie).
- Le sanglage très résistant du ballon est tout le temps à poste et se tend au
gonflage.
- Le système doit être réutilisable et pouvoir être replié après dégonflage par
aspiration.
- La résistance au poinçonnement de la bâche doit être des plus élevée. On peut
envisager une double enveloppe.
Ce système, à partir du moment où il est effectivement gonflé, assure le
retournement du bateau, même en eau plate.
Un tel système a été réalisé et livré à Charleston au départ. Livré tardivement
et ne correspondant pas au cahier des charges, l'équipe de PRB en a reporté
l'installation.
Isabelle avait, après avoir réalisé un tour du monde et demi et plus de 50 000 milles
en course avec ce bateau, suffisamment d'expérience et de confiance en lui pour prendre
cette décision. Les faits ont prouvé le contraire.
Nos bateaux de lancienne génération, au cours des 13 tours du monde en course
dont 7 sans escale et des 3 New York-San Francisco, navaient pas rencontré
toutes les conditions de vent, de mer, de vitesse, de voilure, de chargement, de réglage,
de pilote. Le fait quil ny ait pas eu daccident de ce type nétait
pas une preuve suffisante.
LE
RETOURNEMENT DE PRB
plan |
avoir un angle de chavirage de 125°
- avoir un rapport de surface de courbe de stabilité 4/1
- avoir un GZ mini à 90° dans les conditions les plus défavorables, mesuré
Ces deux derniers points sont à vérifier à la suite de laccident
dIsabelle, sans doute il faudra les rendre plus forts par la suite. |
- exiger et tester les systèmes de redressement à 180°
- demander aux architectes et aux constructeurs de mettre par écrit les résistances des
éléments des bateaux et les moyens de vérification
- que tous les acteurs (coureurs, organisateurs, sponsors, architectes, constructeurs,
préparateurs) sentraident et aient plus de rigueur vis à vis de leur propre
travail
|
| Toutes ces précautions doivent devenir des
obligations.
Malheureusement on ne sait pas où se situe la limite raisonnable.
Celle-ci évolue dans le temps en même temps que l'usage que l'on fait des bateaux.
On ne réclame pas à une voiture l'impossibilité de faire un tonneau, on a
simplement fait un test qui permet d'éviter d'en faire trop souvent. On doit faire de
même pour les bateaux et exiger en plus que, si tonneau il y a, léquipage soit
préservé (et secouru si nécessaire)et que le bateau puisse se redresser.
Il convient de corriger les problèmes déjà connus.
Il faut anticiper sur les cas qui peuvent arriver :
- leur probabilité
- le danger quils représentent
toutes choses difficiles à prévoir .
Cette attitude passera nécessairement par des décisions plus drastiques. Ainsi, à
lexemple du bateau de Marc Gatehouse, que nous avons interdit de course autour du
monde lors de son dernier changement de propriétaire (pour des raisons de fatigue, de
vieillissement), nous devrons à lavenir signifier formellement notre désaccord
concernant la participation en course des bateaux incapables de se redresser par leurs
propres moyens si malheureusement les organisateurs nobligeaient pas ce redressement
et nen réclamaient pas la preuve.
plan |
Lien vers la Conférence faite
à Southampton, pour l'ISAF par Jean Marie Finot, le 15 septembre 1997
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