SÉCURITÉ DES 50 ET 60 PIEDS OPENConférence faite à Southampton, pour l'ISAF par Jean Marie Finot
La série des 60 ' et 50' open est une série jeune et intéressante car elle permet des innovations et des progrès réels sur les bateaux, en particulier sur leur construction et leur maniement.En effet, les problèmes de manoeuvre des voiles et de contrôle du bateau pour un sportif en solitaire sur un 18 m sont relativement proches de ceux d'un père de famille sur un 12 m Chaque course apporte une expérience dont il faut tirer les conclusions pour améliorer les bateaux et les règlements de façon à ce que les accidents diminuent. Les objectifs sont, par ordre de priorité : 1) ramener le skipper La sécurité et la fiabilité du bateau sont la résolution d'un certain nombre de problèmes. Il faut gérer :
Les problèmes humains90% des accidents auraient été évités si chaque acteur avait bien rempli son rôle et s'était bien entendu avec les autres membres du team.
Ces différents acteurs doivent être libres entre eux et exprimer les choses qu'ils ont à se dire. Ils doivent être unis comme les doigts de la main. Tous doivent avoir un droit de veto sur les questions de sécurité. Dans la même idée, il ne faut pas qu'il y ait d'arbitrage budgétaire sur ces problèmes de sécurité.
Les qualités du bateauLes qualités proprement dites
sont des éléments qui ne sont pas réglementables et qui ne sont dus qu'à la qualité du travail de l'architecte et à la compréhension des phénomènes. Une grande partie des accidents du dernier Vendée Globe sont dus à des quilles cassées ou détachées du bateau. Ce type d'accident est plus fréquent que les chavirages dus à la stabilité des bateaux. Les normes de résistance actuelles sont de 2G à la fatigue et de 3,5G à la rupture environ. C'est peut-être suffisant pour des bateaux courants, si la bateau est bien construit et si le skipper ne s'échoue jamais. En outre, les bateaux open subissent des efforts d'accélération latéraux importants. Pour faire face au moins en plus à une inadvertance, nous pensons qu'il est nécessaire d'avoir au moins 3 G en fatigue et 5 G à la rupture. Pour faire face à 2 inadvertances, 4G et 8G, 10 à 12G pour le stratifié. Dans les courses précédentes, il y a eu des problèmes structurels, de coque en particulier, causés par les chocs à l'avant, dus au slamming ou aux objets flottants. Pour cette raison, nous avons fait le choix des avants en monolithique avec des lisses. Cela résiste mieux aux chocs et surtout, cela permet de voir l'état de la structure après dommage. Dans les parties soumises au slamming, les hauteurs d'eau que nous préconisons sont assez importantes.
Ces problèmes structurels sont des problèmes qui trouvent leur origine à la conception, à la construction et surtout dans la vie du bateau. Il est nécessaire que, pendant la vie du bateau, l'architecte soit toujours présent et épaulé par des organismes capables de vérifier la solidité de la mise en oeuvre ou l'évolution de l'état du bateau. Il est nécessaire que le propriétaire du bateau ait les moyens de payer l'aide de l'architecte et surtout de faire les dépenses nécessaires pour maintenir le bateau en bon état. Le bateau doit être capable de ne pas chavirer sous l'effort du vent ou sous l'effet d'une déferlante. Si malgré cela il est retourné, il doit pouvoir se redresser (cad GZ à 90°) 1- Le GZ à 90°, c'est à dire mât horizontal permet de mesurer cette capacité à se relever sous l'effort du vent. schema GZ
2- Une marge de stabilité supplémentaire permet d'éviter un retournement trop facile. Une stabilité théorique à 120° peut permettre d'améliorer ce type de problème, mais c'est très partiel et très étroit. courbe GZ 0°
3- Si par malheur le bateau a été retourné par une vague brutale, il est nécesssaire d'avoir les moyens de ramener le bateau à l'endroit. courbe GZ 45°
Pour bien cerner le problème, il est nécessaire de contrôler les courbes de stabilité avec et sans le mât et avec les différentes positions des appendices et des différentes masses mobiles.
Faire évoluer la réglementation Tout ne peut pas tenir dans une réglementation et la bonne conscience des acteurs est l'élément essentiel. La communication entres les coureurs entre eux, tous les architectes entre eux, tous les constructeurs entre eux est le meilleur facteur d'amélioration. Une certaine règle est cependant nécessaire pour éviter que certains acteurs ne privilégient davantage la vitesse que la sécurité. Au fur et à mesure du temps, la technique permet d'améliorer les bateaux. Cette amélioration technique doit être reportée en priorité sur la solidité et sur la stabilité des bateaux. Cela signifie qu'il faut accepter de faire évoluer tous les 2 ou 4 ans le règlement pour améliorer cette sécurité. Cela a pour avantage de ne pas rendre trop vite obsolètes les bateaux anciens.
Il est nécessaire de publier la courbe de redressabilité des bateaux avec et sans mat, courbe recalée par la mesure à 90°. De mettre en place des systèmes redondants pour redresser la bateau mis à l'envers par une vague, type ballast, quille, airbag. Ces mesures sur la stabilité ne peuvent être mises en place que si parallèlement des
mesures sont prises pour la solidité de l'accrochage des quilles.
Sans cela les compétiteurs vont augmenter le poids des bulbes sans prendre les mesures
nécessaires pour la tenue des quilles. Pour les coques et la solidité en général, il serait bon que les architectes et les constructeurs rendent publiques leurs feuilles de calcul structurels ; la navigation de ces bateaux et les navigations exceptionnelles serviraient alors d'expérience pour tous.
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