| Mars 2000, Antibes 1er test de
redressablilité à 180° sur un de nos 60'Open
Bien que l'on ne puisse pas complètement éviter que les
bateaux se retournent, on s'est donné pour objectif de vérifier grandeur nature qu'avec
une action simple, l'équipage puisse redresser un 60 pieds, démâté, en eau plate.
Ceci sachant que:
- en eau plate le bateau se redresse plus difficilement qu'en mer agitée
- le mât étanche rend l'opération encore plus facile.(quand le bateau n'est pas
démâté)
Etant à l'origine de ce test, nous encourageons les
coureurs depuis trois ans déjà à le réaliser. Ce test est une étape relativement
simple et facile comparée à un projet tel qu'un tour du monde en solitaire et face aux
risques encourus.
Doucement l'idée a fait son chemin puis les coureurs ont
intégré ce test dans le règlement IMOCA.
Malgré un encouragement répété de notre part
auprès de nos coureurs, c'est Catherine Chabaud qui fut la première à le réaliser.
Puis ce fut le tour de Roland Jourdain, puis de Elen MacArthur. Tous les trois avec des
bateaux à quille mobile.
Enfin, le 23 Mars dernier, le test est mis en place par un de nos
coureurs, Dominique Wavre. Son monocoque Union Bancaire Privée
(ex-Swiss One) est à quille fixe et ballasts.
Dans ce cas la mise en uvre est un peu plus compliquée et
plus longue. Dans le cas d'un quille mobile, le redressement est provoqué par le
basculement de la quille après ouverture d'une vanne hydraulique. Dans le cas d'un bateau
à ballast l'effet du ballast a la même efficacité de désaxement que la quille mais il
est nécessaire de les remplir avec une pompe.
Dominique Wavre illustre
les différentes étapes de ce test:
1 - retournement du bateau à l'aide d'une grue
et d'une sangle autour du bulbe
2 - remplissage d'un des ballast par le skipper à bord
3 - inclinaison lente puis redressement rapide du bateau à partir de
16° de gîte.

Déroulement du test
Le test s'est déroulé en public, a été filmé
par les médias.
L'opération a été un peu longue à cause d'un problème d'évacuation d'air
(conséquence de cette position inhabituelle).
Après une
petite heure de bricolage, qui permit de remplir les ballasts, le
bateau s'est incliné à 16° puis d'un coup a basculé.
Au préalable, la conception du bateau, des mesures permettant de
vérifier la position du centre de gravité et des simulations sur le logiciel de
stabilité "BHS" (distribué par Design System, Antibes) avaient permis de
s'assurer des chances de succès de l'opération.
Ce test est la preuve de la capacité de redressabilité
du bateau. Mais surtout il a permis de faire prendre conscience au skipper et à toute
l'équipe des problèmes provoqués par la position inversée. Il met en évidence les
problèmes pratiques à résoudre.
Il permet de faire progresser la sécurité.
Pascal Conq



Photos Pascal Conq
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